Jean-Luc BLEUNVEN

Député divers gauche de la 3e circonscription du Finistère / Kannad Goueled Leon

Dans la lettre de juillet 2012 de l’Union des élus Socialistes et Républicains du Finistère, je donne mes impressions sur le début de la mandature. Patricia Adam, Jean-Jacques Urvoas et Gilbert Le Bris sont également interrogés dans ce numéro. Vous trouverez la lettre ici >>

1/ Tout au long de la campagne, quels sont les principaux dossiers sur lesquels tu as été interpellé sur ta circonscription ? Comment décris-tu ta circonscription aux collègues député(e)s des autres régions ?
J’ai beaucoup été interpellé sur la ques­tion agricole mais aussi sur l’abandon des services publics, plus particulière­ment sur le problème de l’avenir des cabinets médicaux et de la désertification médicale dans certaines communes. Je décris ma circonscription comme la plus « occidentale » de France. Elle est riche de sa diversité. Il y a la partie côtière et les problématiques propres aux com­munes littorales, il y a les enjeux de cen­tralité urbaine avec Brest ouest et enfin la partie rurale du centre qui concerne des communes comme Milizac ou Pla­bennec…

2/ Quelle commission as-tu choisi pour mener ton mandat et pour quelles raisons ?
J’étais plus particulièrement intéressé par la commission des affaires économiques comme beaucoup de députés ! Mais l’an­cienneté à l’Assemblée nationale préva­lant pour les attributions, j’ai été nommé dans la commission des affaires étran­gères et dans la commission des affaires européennes, lesquelles ont le mérite de la transversalité sur les dossiers. Par exemple, l’avenir des territoires ruraux ne se joue-t-il pas en grande partie au niveau européen, avec la réorientation de la PAC, et au niveau international sur des enjeux comme la forte fluctuation du prix des matières premières ?

3/ Vous êtes seulement 14 députés sur 577 à avoir exercé le métier d’agri­culteur. Cela te donne-t-il un regard particulier pour appréhender les en­jeux des territoires ruraux ?
Quand on a été agriculteur et qu’on ar­rive à l’Assemblée, il y a un fossé entre les deux mondes. Moi j’ai exercé le métier d’agriculteur et milité à la Confé­dération Paysanne, où nos revendica­tions étaient toujours d’ordre pratique et touchaient principalement à la question de l’amélioration de notre revenu. Si nous sommes tenus de prendre un peu de recul pour saisir les enjeux politiques de façon plus globale à l’Assemblée, je me fais fort néanmoins de garder aussi cette vision concrète des enjeux que recouvre une politique agricole.

4/ Quelles ont été tes premières impressions lors de ton installation à l’Assemblée nationale ?
Les explications qui nous sont données sont assez superficielles. C’est à nous vraiment de comprendre comment cette institution fonctionne officiellement et officieusement. Bien sûr, les collègues députés depuis plusieurs mandats, nous donnent des « tuyaux ». Cependant, ce qu’on ressent nettement comme une par­ticularité de ce mandat national, c’est la grande liberté dont on bénéficie qui est à la fois appréciable et un peu déroutante au début. C’est à nous de créer et de délimiter notre travail, selon les enjeux de notre circonscription et nos centres d’intérêt personnels.
On perçoit aussi qu’on est tout d’un coup très proches du pouvoir. C’est vé­ritablement aussi un lieu où tout est en débat. La notion même de « Assemblée nationale » porte l’idée également de l’importance du travail collectif. Ce jeu « collectif » se traduit par la constitution de groupes d’influence, de réseaux qui se créent. Tout est très mouvant et il faut savoir s’inscrire dans une dynamique.

5/ Quels points de la déclaration de politique générale te tiennent politi­quement particulièrement à coeur ?
J’ai été sensible à l’annonce d’une loi cadre sur l’agriculture. Le premier mi­nistre a également évoqué les enjeux de la démocratie sociale et de la « culture de l’accord ». Je sens que cette demande est réelle sur le terrain et notamment de la part des jeunes qui réclament une approche plus moderne de la politique. Avec la conférence sociale, on voit que ça prend une bonne tournure.
De même, j’ai été attentif aux mesures volontaristes face à l’éva­sion fiscale qui ont été pré­sentées et j’ai pris acte de la volonté de remettre en place et de « relégitimer » le service de l’État. Je serai également très attentif au nouvel acte de décentralisation préparé par le ministère de Marylise Lebranchu.

6/ Quels sont tes objectifs pour ce premier mandat sur la circonscription ?
Conforter l’implantation de la gauche dans nos territoires, relayer en particulier les demandes des élus des petites com­munes qui n’ont pas toujours les moyens de traiter des dossiers toujours plus com­plexes, favoriser le travail collectif entre tous les acteurs qui font vivre la circons­cription.

7/ Le gouvernement a annoncé l’appli­cation de la règle du non-cumul d’ici 2014. As-tu prévu de l’anticiper ?
Je suis souvent interrogé là-dessus. Je ne suis pas favorable au cumul des man­dats. Je souhaite ne garder qu’un seul mandat donc je me libèrerai d’ici 2014. La difficulté va être de réorganiser l’équipe municipale… Car il s’agissait seulement de mon premier mandat de maire…

8/ Comment les élus locaux de ta cir­conscription peuvent-ils contribuer au bon exercice de ton mandat ?
Le travail des députés est certes très « médiatisé ». Mais les élus locaux sont les seules ressources fiables pour savoir comment notre travail est réellement per­çu et évalué sur le terrain, dont ils sont les porte-voix. C’est finalement la seule vision qui importe !

9/ Quels personnages politiques, français ou étrangers, passés ou pré­sents, te semblent pouvoir être pris en modèle ?
Pierre Maille m’inspire dans son fonction­nement, dans sa continuité dans l’effort et dans la rigueur, dans sa ligne de conduite intègre et proche des gens.
Comme personnage historique, je cite­rais Mendès France.

Categories: Français

Leave a Reply


Image CAPTCHA
*