Jean-Luc BLEUNVEN

Député divers gauche de la 3e circonscription du Finistère / Kannad Goueled Leon

Au cours du mandat, j’ai plusieurs fois pris position en faveur du développement international. J’ai réaffirmé mon engagement en cosignant avec d’autres parlementaires une tribune parue la semaine dernière dans le journal Libération pour expliquer l’importance de la contribution de la France dans la lutte contre l’extrême pauvreté dans le monde. Nous soulevons quatre points essentiels :

  • – L’importance de la mobilisation transpartisane des parlementaires sur les enjeux de solidarité ;
  • – La nécessité d’augmenter la part des dons dans l’aide publique au développement ;
  • – Le rappel de l’objectif des 0,7% du Revenu National Brut dédié à l’aide publique au développement (APD) ;
  • – Le maintien du principe d’additionnalité pour les taxes solidaires.

Ces points avaient été mis en évidence lors de l’événement « un Parlement pour le développement » qui s’est tenu à l’Assemblée nationale le 15 février dernier. Cet événement a été organisé par CARE France en partenariat avec les ONGs Action contre la faim, Action Santé Mondiale et One.

Voici le texte complet de cette tribune :

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En ces temps électoraux, les thèmes abordés lors de la campagne présidentielle par les candidat-e-s que nous soutenons respectivement nous divisent parfois faiblement, parfois clairement, parfois brutalement. Il existe cependant un sujet qui fait consensus, au travers duquel une mobilisation transpartisane s’est organisée : l’aide publique au développement.

Depuis plusieurs années, dans les commissions, les groupes de travail et au sein des hémicycles de l’Assemblée nationale et du Sénat, parlementaires de gauche, de droite et du centre, nous défendons ensemble cette politique publique et œuvrons à en faire un élément central de la diplomatie française. En 2017, après plusieurs années de coupes, l’aide française sera en augmentation : ainsi la France se remet enfin sur les rails pour atteindre l’objectif fixé dans les années 70 et maintes fois réitéré d’allouer 0,7% du revenu national brut à l’aide publique au développement.

Mais les efforts à fournir et le chemin à parcourir sont encore longs. Le monde évolue et la réponse que la France souhaitera y apporter sera déterminante. Dans un monde globalisé et interdépendant, face à la montée des extrêmes, aux défis climatiques, aux inégalités grandissantes, à la recrudescence des conflits armés, le développement des régions du monde les plus fragiles mérite toute notre attention. Soutenir l’égalité de genre, l’accès à la santé, à l’éducation, à la nutrition, ou à l’eau dans les pays les plus pauvres, s’assurer que tous les jeunes aient de véritables perspectives d’avenir, que les femmes aient les mêmes droits que les hommes, encourager les initiatives citoyennes d’ici et d’ailleurs, lutter contre la corruption et poser les bases de sociétés stables et pacifiques, est dans l’intérêt de tous et toutes, aujourd’hui plus que jamais.

Certes, la France ne peut pas tout, toute seule mais elle peut tout de même beaucoup plus. Si l’Europe doit assumer son rôle en matière de solidarité internationale, il nous faut également, en France, une politique de développement qui soit un véritable élément central de notre politique étrangère. Nos voisins européens l’ont compris avant nous. Des pays comme le Royaume-Uni, la Suède, la Norvège ou le Danemark ont prouvé que c’est avant tout une question de volonté politique, loin des considérations budgétaires. Depuis 2013, ils allouent au moins 0,7% de leur revenu national brut à l’aide au développement, quand la France atteint difficilement les 0,4%.

Même si l’écart se réduit, les 0,7% ne doivent pas rester une chimère. Certes, des progrès impressionnants ont été réalisés dans la lutte contre l’extrême pauvreté depuis les années 90, et la part de la population mondiale vivant sous le seuil de l’extrême pauvreté a diminué de plus de moitié. Mais certaines régions du monde n’ont pas bénéficié autant des investissements réalisés pendant ces dernières décennies et deviennent de plus en plus fragiles, parfois de plus en plus instables. Les pays les plus pauvres n’ont souvent pas accès aux prêts, parce qu’insolvables. L’aide au développement française doit en tenir compte et augmenter la part des dons qui la composent, afin de répondre efficacement aux crises actuelles et futures et véritablement aider les pays les plus vulnérables, trop longtemps négligés par l’aide française. Dans cet effort, les revenus générés par les taxes solidaires comme celles sur les billets d’avion ou sur les transactions financières pourraient être mieux exploités et ne plus servir de seule compensation à la baisse de l’effort budgétaire. Le développement des pays les plus pauvres et la réduction des inégalités dans les régions les plus fragiles sont un investissement nécessaire et efficace pour construire un monde plus stable, plus juste et durable.

Nous nous tournons aujourd’hui vers l’avenir, un avenir encore à définir quant au futur président, au futur gouvernement et aux futurs représentant-e-s du peuple qui siégeront à l’Assemblée nationale et au Sénat renouvelé pour moitié. Si nos avis divergent sur les scénarios à venir, une chose est certaine : l’aide au développement ne doit pas subir les aléas de la vie politique et ses changements idéologiques.

Nous devons continuer à aller de l’avant vers ces 0,7%. Car à long terme, en matière de politique étrangère, le développement international est bel et bien notre meilleure carte à tous. Nous nous y engageons en tant qu’hommes et femmes politiques, élus ou candidats aux législatives et nous le demandons à nos candidat-e-s à la plus haute fonction de la République.

Categories: Français

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