Jean-Luc BLEUNVEN

Député divers gauche de la 3e circonscription du Finistère / Kannad Goueled Leon

Comment faciliter l’accès au crédit pour nos entreprises ? from Jean-Luc Bleunven on Vimeo.

Lundi dernier, 20 janvier, s’est tenue au Drennec, la réunion publique portant sur l’accès au crédit pour nos entreprises.

Environ 70 personnes ont assisté au débat, animé par Portances Conseil.

Pourquoi avoir organisé cette réunion ?                               

Je suis régulièrement interpellé par des dirigeants d’entreprises sur leurs difficultés à accéder à des crédits bancaires, ou simplement à des lignes de trésorerie.

Alors que la rapidité de mise en place du pacte d’avenir pour la Bretagne a démontré la capacité du monde politique à activer tous les leviers dont il dispose,  la persistance de ces difficultés d’accès aux financements semble fragiliser l’effort commun pour relancer l’activité économique, et freine le développement de plusieurs projets sur notre territoire.

Face à cette situation, élus, entrepreneurs, citoyens, peuvent légitimement s’interroger sur le rôle de nos banques de  proximité. Elles sont au cœur du système financier qui a pour fonction d’irriguer l’économie locale.

Quelles sont les rôles, responsabilités et engagements de chacun dans cette chaîne de décision ? Comment fluidifier les relations ? Comment améliorer l’efficacité des dispositifs existants ?  Telles étaient les questions auxquelles je souhaitais que les banques répondent.

Des échanges riches et instructifs…

2014 030Entreprises et établissements bancaires ont pu échanger leurs points de vue respectifs au cours d’une soirée particulièrement riche et instructive.

Les deux banques représentées ont expliqué à l’assistance que l’activité de financement était l’objet même d’une banque. Elles constatent également que l’accès au crédit atteint des niveaux de taux historiquement très bas.  Elles ont par ailleurs rappelé quelles étaient les contraintes du système bancaire aujourd’hui ; dispositifs Bâle2 et Bâle 3, mise en œuvre de la supervision bancaire européenne, etc…  Quelques chiffres ont également été avancés, notamment celui du taux d’acceptation des dossiers de demande de financement, qui  atteint 85 %.

Des chefs d’entreprises sont ensuite intervenus pour faire part de leur perception de l’offre bancaire aujourd’hui. Les jeunes créateurs d’entreprises sont trop souvent confrontés à des difficultés d’accès au crédit pour lever les fonds indispensables au démarrage de leur activité. Ils sont contraints de faire appel à ce qui est appelé le « love money », c’est-à-dire l’apport en capitaux via leur entourage familial, ou provenant de l’entourage proche du jeune créateur. Par ailleurs, la demande systématique de garanties et surtout de cautions personnelles est très mal vécue par les chefs d’entreprises. La question du difficile soutien financier dans le cadre des reprises d’entreprises a également été évoquée, notamment par la société Amzair, qui a dû faire appel à des apports en capital provenant d’acteurs économiques locaux pour pallier à l’absence d’offre bancaire pour leur projet.

… Des éléments de réponse

En conclusion, j’ai souhaité mettre l’accent sur les éléments positifs et constructifs évoqué par les participants. Les uns et les autres ont mis en avant la nécessaire transparence qui doit régner dans les relations entre le banquier et son client. Les notions de solidarité et de réseaux ont été soulevées à plusieurs reprises par les entrepreneurs ; appartenir à un réseau tel que celui du CJD (centre des jeunes dirigeants) est un atout considérable pour les jeunes entrepreneurs : accès à l’information, à la formation, à des outils de suivis (tableaux de bord…).

En outre, des alternatives aux crédits bancaires traditionnels existent ; le financement participatif, auquel nous sommes quelques-uns à penser qu’il représente, à terme, une solution très intéressante, et la solidarité locale qui permet à de nouveaux projets de bénéficier de l’appui et du soutien financier d’entreprises bien implantées sur notre territoire.

J’ai également insisté sur le poids de l’action publique dans le développement économique de notre territoire : la mise en place du CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi), la mise en place de la Banque Publique d’Investissement, le soutien de la région Bretagne, ou encore les politiques proposées par les intercommunalités, jouent un rôle de catalyseur non négligeable.

Je crois que notre économie a vraiment besoin d’améliorer le financement des investissements et des trésoreries. Cette rencontre aura permis aux acteurs économiques d’identifier les leviers existants pour pallier aux difficultés d’accès au crédit.

Categories: Français

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