Jean-Luc BLEUNVEN

Député divers gauche de la 3e circonscription du Finistère / Kannad Goueled Leon

péage transitSégolène Royal a annoncé dimanche au journal Ouest-France la métamorphose de l’écotaxe en un système de “péage de transit poids lourds”. Les inquiétudes exprimées par certains de nos concitoyens ont été entendues par le Gouvernement qui n’a cependant pas renoncé au principe du pollueur-payeur, toujours central dans le nouveau dispositif.

Celui-ci maintient le principe d’un tarif de 13 centimes par kilomètre parcouru pour chaque camion de plus de 3.5 tonnes mais qui ne s’appliquera que sur un réseau de 4.000  kilomètres de routes à grand transit – contre 15.000 initialement. En Bretagne, seul l’axe Nantes-Rennes-Saint Lô y est soumis. L’accord avec Écomouv, signé en 2011 par le gouvernement Fillon, devrait quant à lui rester inchangé.

L’écotaxe a été la victime collatérale d’une crise agro-alimentaire résultant d’une inadaptation aux réalités du marché mondial. Mais doit-on pour autant refuser le traitement par une fiscalité affectée de nos modes de transports incompatibles avec les réalités de ce qui se profile pour les temps à venir ? Oui la Bretagne nécessitait un traitement particulier du fait de sa péninsularité mais la suppression pure et simple ne nous prépare pas à la transition énergétique.

Chacun s’accorde à dire aujourd’hui que le réchauffement climatique doit être traité de façon prioritaire dans nos sociétés occidentales. Le péage de transit poids lourds vise justement à compenser les impacts du transport routier sur notre environnement, c’est pourquoi je fus l’un des rares parlementaires à soutenir le principe de ce type de fiscalité.

Si nous avons répondu aux inquiétudes des uns, qu’allons-nous répondre aux préoccupations des autres ? De nombreux projets de rénovation d’infrastructures de transport sont en péril, alors que les entreprises de voirie et réseaux subissent une baisse importante de leur chiffre d’affaires.

Je soutiens le développement d’une fiscalité plus verte dans notre pays, qui permettrait de décharger la collectivité de coûts engendrés par quelques-uns et de réduire la pression fiscale sur les entreprises et les ménages français. C’est là le moteur d’un changement de modèle vers des circuits plus courts et de véritables dynamiques régionales.

Le nouveau dispositif sera soumis prochainement à l’Assemblée nationale dans le cadre de la loi de finances rectificative. J’y serai particulièrement attentif.

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