Jean-Luc BLEUNVEN

Député divers gauche de la 3e circonscription du Finistère / Kannad Goueled Leon

Hier soir, vers 19 h 30, une délégation d’agriculteurs s’est présentée devant ma permanence pour y déverser deux remorques de choux fleurs. 

Par cette action, ils souhaitaient faire entendre leurs revendications ; suppression définitive de l’écotaxe, allègement des différentes normes existantes, et réglementation de la directive détachement.

Si aucun dégât matériel n’est à déplorer, je regrette évidemment le mode opératoire, et surtout les menaces proférées par certains hier soir. La démocratie ce n’est pas ça, je n’ai jamais refusé le dialogue à qui que ce soit. J’ai par ailleurs proposé deux réunions publiques sur le modèle agricole et agroalimentaire breton ces dernières semaines ; chacun pouvait y présenter son point de vue devant une assemblée fournie et hétérogène, prête à entendre les arguments de chacun… (cf ici les résumés en vidéos).

Mais revenons-en aux revendications de ces agriculteurs.

L’écotaxe fait aujourd’hui converger de nombreuses voix contestataires, alimentées  par des amalgames et une récupération politique dont personne n’est dupe. A ce sujet, le comportement de la droite est tout à fait consternant lorsque l’on sait que c’est elle qui a signé un contrat de délégation avec la société Ecomouv, pour un montant annuel de 250 millions d’Euros, sur une durée de … 13 années !

Sur le fond, chacun s’accorde à dire aujourd’hui que le réchauffement climatique doit être traité de façon prioritaire dans nos sociétés occidentales. L’écotaxe vise justement à compenser les impacts du transport routier sur notre environnement. Elle doit servir à financer de nouvelles infrastructures et améliorer le réseau de transport. Ces chantiers permettront la création de près de 20 000 emplois indirects, notamment dans les entreprises du BTP, puisque 800 millions € par an seront affectés à la réalisation ou à la modernisation d’infrastructures de transports. En outre, elle vise à inciter le développement de circuits courts, et par conséquent d’une économie plus locale, plus raisonnée. Je note qu’elle est en vigueur dans plusieurs pays européens, dont l’Allemagne.

Le Premier ministre, en annonçant cette semaine la suspension de l’écotaxe sur tout le territoire national, a ouvert la porte au dialogue. A chacun, désormais de prendre ses responsabilités. Nous devons cesser de lutter pour le maintien d’une logique industrielle construite sur des produits à faible valeur ajoutée, héritée des années soixante ; ce combat est voué à l’échec, nous le savons tous. La demande existe, et l’agroalimentaire breton saura y répondre s’il poursuit sa mue ; c’est désormais vers la transformation de produits à plus forte valeur ajoutée qu’il doit se positionner, moins gourmands en énergie, plus raisonnés et supérieurs en gamme.

Le sujet de la « concurrence déloyale » pratiquée au sein même de l’Union européenne, par le détournement de la directive détachement est quant à lui un vrai problème. L’Europe doit désormais intégrer une dimension sociale dans ses politiques. Je suis intervenu la semaine dernière sur ce sujet, dans l’hémicycle, pour interroger notre ministre des Affaires étrangères sur ce point, qui mobilise toute l’attention de notre majorité (voir mon intervention ci-dessous).

La Bretagne dispose d’atouts importants ; elle détient les compétences et le savoir-faire ; elle restera encore une zone importante de production et d’emploi, si tous ses acteurs se mobilisent, ensemble, pour son avenir.

Lutte contre le dumping social : pour une meilleure politique sociale au sein de l’Union européenne from Jean-Luc Bleunven on Vimeo.

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