Jean-Luc BLEUNVEN

Député divers gauche de la 3e circonscription du Finistère / Kannad Goueled Leon

agriculture raisonnéeLe débat ouvert par le CDJA lors de son Assemblée générale, la semaine dernière, tendant à faire porter la responsabilité du marasme de l’agriculture finistérienne aux écologistes est intéressant à plus d’un titre. Je le trouve particulièrement éclairant sur la situation de notre agriculture finistérienne aujourd’hui.

 Une agriculture sur le déclin

Le constat est  très largement partagé ; notre région est en train de perdre sa capacité de production et se fait distancer par d’autres territoires, pourtant moins favorisés, parce qu’ils ont su, collectivement, faire d’autres choix structurels.

Je pense à une coopérative comme Terrena, qui a pris le virage de l’agroécologie depuis une dizaine d’années, inspirant Stéphane Le Foll, qui consacre ce mode de production comme une troisième voie pour l’agriculture, entre le conventionnel et le bio. Leur stratégie est innovante et vertueuse ; les lapins et les porcs sont nourris au lin « sans OGM », il sont soignés sans antibiotiques, jouant ainsi la carte « nutrition santé », et le groupe investit massivement pour trouver des débouchés à ses adhérents.

Nos décideurs finistériens s’enfoncent quant à eux dans une logique productiviste aussi archaïque que consternante, surtout  lorsque l’on constate que ce sont les leaders dits de la « relève agricole » qui la soutiennent…

Alors que les associations écologistes, et plus largement de défense des consommateurs soulignent l’attachement accru de notre population pour une alimentation de qualité, respectueuse de l’environnement, et du bien-être animal, nos leaders agricoles soutiennent le maintien, voire le développement de méthodes de production qui vont à l’encontre des attentes de l’opinion publique.

La recherche de boucs émissaires 

Il convient de définir un cap clair et fédérateur, aujourd’hui inexistant. L’absence de remise en question de notre modèle agricole trouve son incarnation dans la politique de « bouc émissaire » aujourd’hui soutenue par les organisations agricoles.

Il est temps que les vrais responsables de la crise profonde que subit notre agriculture assument les conséquences de leurs orientations plutôt que de se défausser en instrumentalisant avec un cynisme affligeant les victimes de leur manque d’anticipation et d’imagination.

 La voie à suivre

Nous devons cesser de lutter pour le maintien d’une logique destructrice construite sur des productions à faible valeur ajoutée, héritées des années soixante ; ce combat est voué à l’échec, nous le savons tous. La demande existe, et l’agriculture bretonne saura y répondre si elle accepte de faire sa mue ; c’est désormais vers une production à plus forte valeur ajoutée qu’elle doit se diriger, moins gourmande en énergie, plus raisonnée et supérieure en gamme.

La Bretagne dispose d’atouts importants ; elle détient les compétences, le savoir-faire et un environnement favorable ; elle restera encore une zone importante de production et d’emploi, si tous ses acteurs se mobilisent, ensemble, pour son avenir.

Categories: Français

One Response so far.

  1. LE COINTRE Philippe dit :

    Dans un premier temps qui n’est pas essentiel mais quand même!
    J’ai repéré une faute d’orthographe, et je suis désolé que pour répondre il faut comprendre l’anglais et non le français voire le breton!

    Dans un deuxième temps je suis en accord avec la position de Jean Luc, même si cela a pu être une raison de la défaite de sa liste à Plabennec, il n’y a que ce qui ne s’engage pas qui ne craigne rien! A regarder les résultats des anciennes municipalités qui se sont fait battre dans la région.

    Philippe Le Cointre
    Plabennec

    Je présente mes excuses si j’ai fait des fautes mais je ne suis pas dans la communications

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