Jean-Luc BLEUNVEN

Député divers gauche de la 3e circonscription du Finistère / Kannad Goueled Leon

pacte d'avenir bretonLe 16 octobre dernier, le Premier ministre a réuni, à Matignon, les principaux ministres engagés dans l’action économique et sociale de l’Etat en faveur de la Bretagne, ainsi que le préfet de la Région.  Au cours de cette réunion, la mobilisation du gouvernement pour répondre aux situations d’urgence sociale et territoriale a été réaffrimée. C’est pourquoi, un pacte d’avenir pour la Bretagne, dont la formalisation doit intervenir avant le 30 novembre prochain, a été proposé.

Ce pacte va permettre d’une part d’enclencher des mesures d’urgence, c’est pourquoi une enveloppe de 15 millions d’euros a été débloquée, et d’autre part de réfléchir collectivement aux mutations à entreprendre pour le développement de notre région. Je considère que le pacte d’avenir pour notre région représente une formidable opportunité, un « accélérateur » qui permettra à la Bretagne de faire naître et aboutir de nombreux programmes.

Les trois piliers sur lesquels reposera le pacte d’avenir s’articulent autour de sept grands enjeux. J’ai souhaité, par une lettre adressée au Premier ministre, me faire le relais de dossiers dont j’ai pu être saisi en qualité de député de la 3e circonscription du Finistère.

La Bretagne doit être confortée comme une grande région productive, organisée autour d’une grande ambition collective, la « glaz économie ». Si l’enseignement supérieur et la recherche trouvent toute leur place dans ce pacte d’avenir, ce dont nous nous réjouissons tous, je regrette que trop souvent l’apprentissage soit oublié. Pourtant, les enjeux ne manquent pas ; la rénovation thermique de nos bâtiments, ainsi que la transition énergétique qui supposent la mise en œuvre de nouveaux savoir-faire justifient à eux seuls que le pacte d’avenir anticipe les mutations à entreprendre en termes d’apprentissage. De la même façon, l’enseignement par alternance doit bénéficier d’une attention particulière. A cet égard, les maisons familiales rurales (MFR) du fait de leurs missions de formateur, mais également d’intégration en milieu rural disposeront des soutiens nécessaires à leur développement.

En complément de l’éventail de propositions réalisées pour permettre de développer une nouvelle dynamique pour les filières agricoles et agroalimentaires, j’ai attiré l’attention du Premier ministre sur une demande forte des coopératives qui sollicitent la possibilité d’accéder au dispositif CICE, qu’elles identifient comme un levier pertinent pour leurs trésoreries. Cette demande m’apparaît particulièrement légitime, alors que ledit dispositif, bénéficie actuellement majoritairement au secteur de la grande distribution.

En outre, la filière bois énergie doit être présentée comme une filière d’avenir pour notre région. Les programmes Breizh Bocage se déclinent sur nos territoires, dont les gisements en bois énergie sont croissants (bois de bocage, déchets verts…). Des débouchés existent, localement, le pacte doit venir soutenir et encourager cette filière d’avenir. Des zones expérimentales sur lesquelles se trouvent ces débouchés existants pourraient ainsi bénéficier d’un développement particulier.

La question des normes, souvent évoquée comme l’un des obstacles au développement de nombreux projets, ne me semble être abordée que partiellement. Bien souvent, les développeurs de projets, publics comme privés, ne remettent pas en cause les règles en vigueur, mais plutôt les difficultés de dialogues avec les services administratifs concernés. Plus que de la simplification, il conviendrait de mettre en œuvre des mesures de médiation et de sensibilisation de ces services, pour permettre de désamorcer des situations trop souvent préjudiciables pour la société dans son ensemble. A ce titre les difficultés rencontrées par la société NéoPlouvien, qui a implanté un parc éolien sur le territoire de la commune de Plouvien, méritent toute l’attention du gouvernement.

La Bretagne doit également être confortée dans son rôle de grande région maritime, notamment par le soutien de l’excellence bretonne en matière de maritimité. A ce titre, l’IEED France Energies Marines doit désormais bénéficier de l’appui et des engagements nécessaires qui lui permettront un déblocage rapide des difficultés juridiques auxquelles elle est confrontée depuis trop longtemps. En outre, le pacte permettra d’acter le transfert de l’IFREMER à Brest. L’inscription du port de Brest au réseau central RTE-T lors de la prochaine révision doit d’ores et déjà être considérée comme une priorité, non seulement pour la Bretagne occidentale, mais également pour tout le grand ouest de notre pays.

La Bretagne est également riche de son identité culturelle, la question de la ratification de la charte des langues régionales et minoritaires apparaît aujourd’hui comme un point sensible et bloquant sur notre territoire. Le pacte doit apporter des réponses sur ce sujet symbolique, mais néanmoins prioritaire. Cela constituerait un message fort à l’attention de la population bretonne.

Enfin, le caractère péninsulaire de la Bretagne justifierait la mise en place de financements importants sur le projet de la desserte ferroviaire Paris Brest et Paris Quimper en trois heures.

Le pouvoir politique a pris ses responsabilités ; le gouvernement a entendu le désarroi des salariés et les inquiétudes du monde socio-économique breton en mettant à disposition des acteurs régionaux les leviers dont il dispose. Nous autres parlementaires de la majorité intervenons chaque semaine pour faire évoluer les règles européennes qui parfois viennent pénaliser les équilibres économiques au sein même de l’Union. Les collectivités locales, au premier rang desquelles la Région et les Départements s’investissent localement. La Bretagne dispose de deux métropoles et d’un réseau de villes moyennes qui elles aussi contribueront à la réussite de ce pacte d’avenir.

Les établissements bancaires, ainsi que les acteurs de la grande distribution, qui détiennent le pouvoir financier, doivent maintenant accompagner ce mouvement, pour financer les investissements et les trésoreries dont notre économie a tant besoin. Le pacte devra rappeler ces réalités et appeler ces acteurs à prendre, eux aussi, leurs responsabilités. Je suis trop souvent saisi par des entrepreneurs qui me font part de leurs difficultés d’accès au crédit, et d’un environnement bancaire peu favorable à la prise de risques.

Categories: Français

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