Jean-Luc BLEUNVEN

Député divers gauche de la 3e circonscription du Finistère / Kannad Goueled Leon

Vous avez nombreux à m’interpeller sur la question du soutien  du Gouvernement en faveur de la recherche sur les cancers pédiatriques.

kranker bär2Chaque année en France, près de 2 500 nouveaux cas de cancers sont diagnostiqués chez les enfants (1 800) et les adolescents (700) ; le taux de survie des enfants atteints de cancer s’est considérablement amélioré, passant de 25 % à près de 80 % en trente ans. En France, la prise en charge de ces cancers de l’enfant s’effectue dans des centres spécialisés en cancérologie pédiatrique, identifiés dans chaque région.

De nombreuses associations de parents,  se sont par ailleurs fortement investies dans le soutien à la recherche, dans l’amélioration de la qualité des soins, de la prise en charge des jeunes patients et de l’accompagnement de leurs familles.

En outre, le troisième plan cancer 2014-2019 annoncé par le Président de la République le 4 février 2014 propose de nombreuses mesures destinées à répondre aux besoins des enfants et adolescents atteints de cancer, ainsi qu’à leur famille. Ces mesures doivent permettre de garantir des prises en charge adaptées et de qualité, de garantir l’accompagnement global au-delà des soins et la continuité de vie pour l’enfant et ses proches et enfin de mieux préparer et suivre l’enfant et sa famille dans l’après-cancer.

Dans le domaine de l’innovation et de la recherche, le nouveau plan prévoit la création de centres de phase précoce d’essais cliniques, de faire bénéficier les jeunes en échec thérapeutique de thérapies ciblées et sécurisées (programme AcSé), de prioriser la cancérologie pédiatrique dans les essais de recherche clinique, de réaliser, pour plusieurs tumeurs de l’enfant, le séquençage complet du génome, afin que les enfants porteurs de ces tumeurs puissent bénéficier d’une médecine personnalisée.

J’ai toutefois souhaité interroger le Gouvernement, par une question écrite publiée au Journal Officiel le 27 mai 2014, sur les méthodes envisagées pour faire de la cancérologie pédiatrique une priorité de la recherche clinique et sur les moyens qui seront affectés à cette recherche spécifique.

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One Response so far.

  1. Cher Député,

    Nous vous remercions d’avoir déposé une question écrite à l’attention de Madame la Ministre, en espérant que celle-ci vous apportera enfin une réponse satisfaisante pour les enfants atteints de cancers.

    Je tiens à apporter les précisions suivantes à l’attention de vos lecteurs :

    – Tout d’abord, selon l’INCA, le taux de survie sur 10 ans (c’est à dire le pourcentage d’enfants encore vivants 10 ans après le diagnostic) d’enfants atteints d’un cancer est d’environ 72,5%, et non 80% (ce dernier chiffre étant sur 5 ans). Ce chiffre n’a que très peu évolué depuis une dizaine d’années.

    Le taux de survie des enfants atteints de cancers en 1984 (il y a 30 ans) n’était pas de 25% sur 10 ans.

    Au vu que les données françaises sont assez peu claires, nous avons effectué des comparaisons à l’échelle internationale, dans des pays scientifiquement comparables à la France. La fondation canadienne du cancer de l’enfant rapporte – d’une façon extrêmement limpide – que le taux de survie sur 5 ans pour les enfants et les adolescents ayant reçu un diagnostic de cancer, à 82 % aujourd’hui, est en hausse de … 11 % par rapport au taux établi lors d’une étude précédente menée à l’échelle nationale (1985 à 1988).

    Le taux était donc de 71% au milieu des années 80. Les données disponibles en France sont imprécises, mais diverses sources laissent pensent que ce chiffre n’était qu’un peu plus bas chez nous. Donc bien au dessus des 25% évoqués !!!

    En d’autres termes, nous ne nions pas les progrès mais ils sont loin d’être aussi spectaculaires que le chiffre avancé, qui correspond plutôt, au vu de la littérature, au taux de survie … du début des années 70.

    De plus, ces quelques progrès cachent de grosses lacunes. En effet, plus de 60 types de cancers pédiatriques existent, pour 2500 nouveaux cas/an (enfants et adolescents). Seuls les enfants qui peuvent bénéficier de traitements anti-cancer « pour adultes » ont un espoir de guérir (exemple : les 3/4 des leucémies).

    Par contre, le taux de guérison des enfants atteints de tumeurs cérébrales pédiatriques (second type de cancer pédiatrique) n’a quasiment pas évolué en 30 ans, voire plus pour certains types !

    L’une des raisons : alors que de nombreux scientifiques ont démontré que de nombreux cancers pédiatriques étaient différents de ceux des adultes (même en portant le « même nom »), et qu’ils nécessiteraient des recherches et des voies thérapeutiques spécifiques, voire individualisées, rien n’a été fait. En effet, cela n’intéresse pas les industriels du médicament, l’enfant cancéreux n’étant pas « rentable ».

    Il est intolérable, dans un pays aisé qui se dit capable de « prêter assistance » aux plus faibles que seuls 2% des fonds de recherche anti-cancer sont alloués aux cancers pédiatriques, avec pour conséquence un nombre très faible d’équipes dédiées à cette recherche, et quasiment aucun traitement développé en « première intention » pour les enfants dans les cancers au cours des dernières décennies.

    – Ensuite, vous évoquez la recherche en la limitant aux « essais cliniques ». Je rappelle qu’un essai – qui ne représente que la DERNIÈRE partie d’un projet de recherche – doit être la suite logique de recherches biologique et translationnelle spécifiques aux cancers des enfants. A ce jour, les équipes de recherche DÉDIÉES à ces cancers sont quasiment inexistantes, car très peu aidées.

    – Enfin, vous évoquez le « plan cancer « . Les maigres mesures évoquées dans ce plan n’auront de valeur que si elles sont financées. Les cancers pédiatriques étaient déjà évoqués dans le précédent plan, mais aucun financement n’a suivi. Résultat : aucune avancée significative en 10 ans.

    Et c’est ainsi que les associations sont condamnées à financer la recherche, pour pallier à l’absence de l’Etat pour nos enfants !

    Les besoins supplémentaires en termes de financement pour cette recherche (fondamentale, translationnelle et clinique), tant pour la prévention que pour développer des traitements adaptés, ont été évaluées à 50 millions d’euros/an.

    Or, au vu des difficultés que rencontre l’Etat pour « boucler » le budget de la sécurité sociale 2014, seule une ressource nouvelle – et pérenne – permettrait de récolter ces fonds.

    Une contribution mineure et surtout indolore sur les ménages, de 0,15% sur une partie du C.A des firmes pharmaceutiques, non répercutée sur le prix de vente des médicaments, permettrait de dédier près de 50 millions d’euros PAR AN à cette recherche … sans que cela ne creuse le déficit de l’État.

    On peut même imaginer que le développement de traitements plus efficaces, individualisés, serait – sur le moyen terme – une source d’économies.

    Je rappelle que les firmes pharmaceutiques ont, selon le LEEM (leur propre syndicat) culminé à 52,3 milliards d’euros en 2012, en France, soit une progression d’environ 6% sur 1 an. Les marges nettes des dites firmes avoisine les 10 milliards d’euros.

    A l’heure où le gouvernement augmente les prélèvements obligatoires sur les classes moyennes et modestes (malgré les difficultés qu’elles rencontrent) il serait décent que ses députés envoient un signal fort de justice sociale et d’indépendance vis à vis des lobbyings pharmaceutiques en soutenant la seule proposition de loi qui existe à ce jour sur le sujet (PPL n°1187 du député Jean-Christophe Lagarde), ou bien en déposant une proposition de loi ayant les mêmes ambitions pour nos enfants !

    Je rappelle que l’ensemble des députés ont TOUS été informés de la gravité de la situation, et de la possibilité de trouver des voies efficaces pour faire changer les choses. Il n’y a dont aucune excuse valable à rester inactif. Seuls des actes concrets permettront de faire changer les choses pour sauver des vies d’enfants qui sont entre vos mains.

    C’est pourquoi nous comptons sur vous et vos confrères pour agit en la matière.

    Association EVA POUR LA VIE

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