Jean-Luc BLEUNVEN

Député divers gauche de la 3e circonscription du Finistère / Kannad Goueled Leon

La commune du Drennec est engagée dans une réflexion pour remplacer son médecin parti en retraite. C’est l’illustration locale de ce qui est devenu un problème national : les déserts médicaux. La situation du Drennec est un fait nouveau pour notre territoire, mais la désertion des professions médicales risque de s’aggraver avec l’évolution du profil des nouveaux médecins et celle de la société toute entière. Il n’y a pas de solution simple et instantanée à mettre en œuvre. C’est plus largement le chantier de la santé publique et du vieillissement de la population qui nous demandera des efforts et une mobilisation collective.

Les déserts médicaux, une réalité complexe

En 2009, la France comptait 214 000 médecins en activité, soit l’effectif le plus élevé de son histoire. Par ailleurs, 95 % de la population française a accès aux soins de proximité à moins de 15 minutes de sa résidence. De même, la plupart des médecins spécialistes libéraux et les équipements médicaux les plus courants sont accessibles en moyenne à moins de 20 minutes par la route. Pourtant, plusieurs indicateurs font apparaître une dégradation réelle et continue dans l’égal accès aux soins (répartition inégale des médecins sur le territoire, baisse de la densité médicale, difficultés d’accès à un médecin conventionné secteur 1, réduction du « temps médical »).

La désertification médicale affectant aujourd’hui ou menaçant à courts termes de très larges parties du territoire, tant en zones rurales que dans certaines zones urbaines résulte d’une mauvaise répartition sur le territoire plutôt que d’un manque de médecins. Les personnes âgées vivant en milieu rural, qui ne disposent pas toujours de moyens ou de facilités de transport sont particulièrement impactées par ce phénomène. Cet état de fait s’analyse comme une rupture, une « fracture médicale » dans l’égalité des citoyens quant à l’accès aux soins. Ainsi, de nombreuses personnes sont amenées à reporter, voire à renoncer, à des soins, courant ainsi le risque d’une aggravation de leur état de santé, lequel nécessitera alors des soins plus lourds et plus onéreux. Cette désertification médicale porte préjudice à la santé publique, mais également aux comptes de la Sécurité sociale. Elle inquiète d’autre part les collectivités territoriales rurales qui se trouvent confrontées à une carence, en termes d’offre de santé, pour leur population.

1.   Face à l’urgence, les premières décisions gouvernementales :

Lors de sa campagne électorale, François Hollande déclarait dans son engagement 19 : « Pour lutter contre les déserts médicaux, je favoriserai une meilleure répartition des médecins par la création de pôles de santé de proximité dans chaque territoire ». L’article 40 du Projet de Loi de Finances pour la Sécurité Sociale adopté en nouvelle lecture à l’Assemblée Nationale traduit cette volonté :

–          Les maisons de santé pluridisciplinaires seront étendues sur tout le territoire

–          Des soins ambulatoires de proximité seront développés en particulier dans les zones fragiles

–          L’Etat encouragera l’implantation des jeunes médecins dans les territoires médicalement sous dotés par des mesures innovantes comme les contrats de praticiens locaux de médecine générale qui seront mis en place en mai 2013 et leur garantiront un niveau de revenu minimum de deux ans.

En outre, le PLFSS 2013 affirme la volonté gouvernementale de développer sa politique de prévention régionale, par la mobilisation de crédits en faveur de la sécurité sanitaire et de la mise en œuvre des politiques de santé publiques menées au titre de la prévention.

2.   Une préoccupation locale que j’entends soutenir :

La question des déserts médicaux se pose concrètement sur notre territoire ; l’accessibilité à un professionnel de santé ne se limite pas à une « accessibilité spatiale », elle se mesure également au travers d’autres indicateurs et caractéristiques locales ; délais d’attente pour obtenir une consultation, sociologie de la population…

Très attaché à l’accessibilité de tous aux services de santé, je me suis engagé, depuis le début de mon mandat, sur cette problématique.

J’ai en effet adressé, dès le mois de septembre, une Question Ecrite au Gouvernement, afin de l’interpeller sur la nécessaire mise en œuvre de mesures incitatives pour faciliter l’installation de médecins dans les zones les plus défavorisées en offre de soins (QE n° 5354, publiée au JO le 25/09/2012, http://questions.assemblee-nationale.fr/q14/14-5354QE.htm).

Je suis par ailleurs co-signataire d’un projet d’amendement qui vise à obliger tout médecin, à l’issue de sa formation, et pour une durée minimum de deux ans, à s’installer dans une zone souffrant d’une offre médicale insuffisante et ainsi assurer l’accès aux soins pour tous.

C’est pourquoi, je souhaitais vous informer que je suis à votre disposition pour échanger avec vous sur tout projet que vous souhaiteriez mettre en œuvre pour répondre de façon satisfaisante à la demande en termes d’offre de soins sur votre territoire. Les collectivités territoriales, de par leur créativité, proposent des solutions innovantes pour relever ce défi ; je serai à l’écoute de celles-ci pour les relayer auprès du Gouvernement.

Categories: Français

One Response so far.

  1. J’ai trouve votre image justement en cherchent une image pour ma propre blog, concernant la question des « deserts medicaux ». Aux E-U, il y a un cadre d’infirmieres avec un degree avancee qui peuvent practiquer comme « primary care physicians » si elles ont un medcin qui les sert comme supervisor. Mais ils/elles n’ont vraiment pas besoin d’etre sous la direction d’un medcin, c’est simplement notre Association Medical American qui a la puissance et pouvoir politique d’assurer que nos lois continuent a exiger cela. J’aimerais entrer dans une conversation sur ce sujet avec vous. Merci pour votre blog et pensees interessantes.

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