Jean-Luc BLEUNVEN

Député divers gauche de la 3e circonscription du Finistère / Kannad Goueled Leon

Hier, nous avons auditionné, en Commission des Affaires étrangères, Fleur Pellerin, secrétaire d’État en charge notamment du commerce extérieur. Cette audition portait sur les enjeux du traité transatlantique, en cours de négociation entre les États-Unis et l’Europe.

protection viande bovineJ’ai souhaité l’alerter sur la nécessaire protection de nos producteurs de viande bovine en Europe, et notamment en France. Retrouvez, ci-dessous, le texte de ma question, et ici le lien vers l’enregistrement vidéo de cette audition.

Le 22 mai dernier, nous avons procéder à l’examen d’une résolution portant sur l’accord de libre- échange entre l’Union Européenne et les États-Unis d’Amérique.

La notion de « préférences collectives des citoyens européens » a été réaffirmée.  Pourtant, le manque de transparence, dans le cadre de ces négociations suscite des craintes légitimes de la part de nos concitoyens ; nous sommes interpellés, chaque semaine, sur ce projet d’accord de libre-échange.

Je voudrais revenir sur l’alerte qu’a lancé l’Interprofession Bétail et Viande, Interbev sur les conséquences d’une éventuelle importation massive de milliers de tonnes de viandes bovines américaines en Europe dans le cadre de cet accord. Les animaux engraissés en feedlots, l’usage massif d’antibiotiques et autres activateurs de croissance font de la viande bovine américaine une production particulièrement compétitive en termes de coût, mais issue de systèmes de production radicalement différents de nos systèmes d’élevage.

Au total, entre 300 et 600 000 tonnes de viandes bovines produites sur le continent américain pourraient être importées en Europe. La transparence des négociations doit sur ce point être renforcée. Des centaines de milliers d’emplois, implantés en zone rurale pourraient être rapidement remis en cause si une réciprocité en termes de contraintes de production n’est pas imposée.

Nous devons absolument garder à l’esprit que l’agriculture, notamment  bovine, joue un rôle indispensable à l’équilibre de notre aménagement du territoire en zone rurale.

Certes, un tel accord représente des opportunités économiques importantes, je pense notamment au secteur agroalimentaire. Malgré tout, chacun s’accorde à souligner l’attachement accru de notre population pour une alimentation de qualité, respectueuse de l’environnement.   C’est pourquoi, l’objectif de réduction des barrières non tarifaires ne doit pas remettre en cause nos préférences collectives, notamment en matière de sécurité alimentaire et d’agriculture. Ce serait aller à l’encontre de l’opinion publique. Ce serait une nouvelle fois discréditer l’action de l’Union européenne.

Pouvez-vous nous assurer que notre président de la République et notre Gouvernement sauront défendre nos intérêts sur ce point précis, en imposant une réciprocité en termes de contraintes de production de viande bovine ?

Categories: Français

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