Jean-Luc BLEUNVEN

Député divers gauche de la 3e circonscription du Finistère / Kannad Goueled Leon

À la suite des engagements de campagne de François Hollande, diffusés publiquement et abondamment et sur lesquels j’ai été élu, le gouvernement a engagé les travaux du projet de loi qui ouvrira le mariage à tous les couples. Je suis animé par la conviction que l’égalité des droits doit désormais devenir une réalité. Le mariage civil, dont le texte ne modifie en rien la substance, ouvrira ainsi les mêmes droits à tous les couples, y compris celui de l’adoption.

Vous connaissez peut-être mes engagements précédents pour le mariage et la famille. Je peux vous dire que je ne voterais pas ce texte si je n’étais pas convaincu qu’il a été pensé dans l’intérêt de l’enfant, auquel je suis, comme vous, très attentif. Les nombreuses auditions et débats auxquels j’ai participé, ainsi que la réunion publique que j’ai organisée sur notre circonscription m’ont conforté dans cette idée.

Ce n’est pas l’intervention du législateur qui va créer la famille homoparentale. Des dizaines de milliers d’enfants vivent déjà avec des parents – ou beaux-parents – homosexuels. La situation actuelle n’est pas satisfaisante car ces familles ne sont ni reconnues ni protégées. Tout montre que ces enfants ne développent ni plus ni moins de problèmes psychologiques ou sociaux que ceux qui sont issus d’une union hétérosexuelle, et que leur orientation sexuelle n’est en rien prédéterminée par la nature du couple qui les élève. De plus, ces enfants évoluent dans une précarité juridique lourde de menaces, notamment en cas d’accident de la vie ou de séparation. Reconnaître leur famille, aujourd’hui, c’est aussi protéger ces enfants.

Le modèle de la famille unique ne correspond plus aux réalités sociales de notre pays. Les familles sont hétérogènes et connaissent des transformations que le législateur doit accompagner et protéger. Ce qui compte, comme dans tous les couples, c’est un projet parental solide et réfléchi. Ce qui est essentiel, pour l’enfant, c’est l’équilibre de sa famille.

En réalité, c’est lorsque l’on nie la réalité du lien qui unit un couple homosexuel que l’on se refuse à accepter cette évolution du mariage voulue par une grande majorité de nos compatriotes. Parce que c’est une question d’égalité, parce que les droits et les intérêts de l’enfant sont garantis, j’ai la ferme intention de voter le texte que nous propose le gouvernement, conformément à mes engagements.

Lors de la discussion du PACS en 1999, beaucoup prédisaient, avec la reconnaissance officielle des unions homosexuelles, le délitement de la société et l’accroissement des phénomènes communautaristes. Aujourd’hui, aucune de ces prophéties funestes ne s’est réalisée. Il en sera de même avec le mariage ouvert à tous, car, au fond, ce texte est d’abord une défense de la famille.

Categories: Français

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