Jean-Luc BLEUNVEN

Député divers gauche de la 3e circonscription du Finistère / Kannad Goueled Leon

europe-langues-continentJe suis intervenu dans l’hémicycle le 22 janvier dernier à l’occasion de la discussion sur la proposition de loi constitutionnelle visant à ratifier la charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Voir mon intervention ci-dessous.

La Représentation nationale est invitée à ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Je me félicite de cette proposition de loi, qui démontre pour la première fois une volonté politique transpartisane d’aller de l’avant sur cette question.

Je m’étonne cependant de certaines réactions sur ces bancs.

Penser que la diversité linguistique menace l’unité de la république ; c’est absurde.

Confondre égalité et uniformité ; c’est archaïque

Défendre la francophonie en Europe et dans le monde sans favoriser l’usage des langues régionales en France, c’est incohérent.

La Commission européenne, par la voix de sa commissaire Madame Vassiliou a affirmé a de nombreuses reprises son soutien aux 23 langues officielles de l’Union européenne, mais aussi aux 60 langues régionales et minoritaires parlées dans l’Union. Le Royaume Uni reconnait le Gallois, l’Espagne le Catalan. D’autres pays, comme l’Italie, se dotent de mesures qui permettent le développement de ce patrimoine linguistique sur leur territoire.

Nous accusons aujourd’hui un retard absolument incompréhensible pour les centaines de milliers de locuteurs de langues régionales de notre pays. Cette proposition de loi est donc un message positif que nous leur envoyons.

Elle ne doit pourtant pas être considérée comme une fin en soi.

Ce n’est que la première étape d’un processus qui doit nous permettre de porter une politique ambitieuse en faveur de l’épanouissement de nos langues régionales et minoritaires. Cette volonté devra trouver sa déclinaison  dans les secteurs clés de l’éducation, de la formation et de la culture.

Comptez sur nous pour y veiller !

Les prochains débats qui porteront sur la décentralisation seront une nouvelle occasion de réaffirmer cet élan. Il faut permettre aux régions qui souhaitent agir dans le sens de la sauvegarde et du développement des langues régionales de garantir à chaque habitant un socle de droits minimaux en matière d’accès et d’usage des langues. L’accès à l’expérimentation, qui permet de donner une compétence générale en matière linguistique aux Régions volontaires, devra ainsi être clairement affirmé.

Categories: Français

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