Jean-Luc BLEUNVEN

Député divers gauche de la 3e circonscription du Finistère / Kannad Goueled Leon

Débat sur l’avenir de l’agriculture from Jean-Luc Bleunven on Vimeo.

Le 3 juin s’est déroulée à Saint-Renan, salle Racine, la réunion intitulée « Quel avenir pour l’agriculture bretonne ? ».

150 personnes ont répondu à l’invitation de Jean-Luc BLEUNVEN, député de la 3ème circonscription du Finistère, démontrant ainsi tout l’intérêt que représentent les questions agricoles sur notre territoire, et la nécessité d’échange autour de ce sujet.

Jean-Luc Bleunven a énoncé en préambule à cette réunion que la Bretagne était en avance sur les autres régions françaises et européennes pendant des décennies, mais que nous arrivons maintenant à un virage dans l’histoire de l’agriculture bretonne : nous devons selon lui réfléchir collectivement aux évolutions des systèmes de production à mettre en place. Il n’y a sans doute pas un seul bon modèle à suivre, mais l’important est de pouvoir retrouver une intelligence collective qui permettra de s’adapter aux nouveaux contextes agricoles en Bretagne. L’agriculture doit être basée sur le triptyque de la qualité des produits, de l’environnement et du travail. La quantité n’est plus synonyme de valeur ajoutée. Etre agriculteur aujourd’hui, c’est rechercher un revenu décent, qui n’est pas forcément le même pour chacun, mais aussi retrouver le plaisir de travailler, d’avoir un travail qui fait sens pour soi et pour notre environnement social. L’agriculture bretonne a encore un avenir en France et en Europe. Nous ne devons pas avoir peur d’oser le changement, aussi, dans l’agriculture.

Jean-Luc Bleunven a choisi pour cette première réunion publique sur l’agriculture de donner la parole à cinq éleveurs de la région, qui ont témoigné de leurs choix, questionnements, atouts et difficultés dans la gestion de leurs exploitations. Il s’agissait d’Elodie Joubert, éleveuse de brebis à Plouvien, de David Riou, éleveur porcin à Plouvorn, et de trois éleveurs laitiers : Yvon Cras de Plougar, Erwan Le Roux de Rosnoen et Roland Jestin de Brélès. A l’issue de ces témoignages s’est engagé un échange avec la salle. Jean-Louis Le Corvoisier, modérateur de cette réunion publique, a animé cette réunion avec beaucoup de pertinence.

Réunion publique 03 06 2013 1

Parmi les thèmes abordés par les intervenanst et l’assistance :

–  Quels choix stratégiques et techniques font les éleveurs dans leurs exploitations pour préserver leur revenu ? Produire mieux ou produire plus, limiter les intrants, faire de la diversification (comme par exemple faire de la vente directe, de l’accueil à la ferme, …), réduire le ratio entre revenu et investissement, augmenter la qualité de vie en travaillant moins ou différemment, etc.

–  La question de l’étiquetage des produits  français. Le député a rappelé qu’un projet de résolution européenne, d’initiative française était à l’examen à l’Assemblée nationale.

– La responsabilité des pouvoirs publics et des personnalités politiques a été évoquée. Jean-Luc Bleunven a rappelé que les pouvoirs publics n’ont pas de « solution miracle » à proposer ; dire le contraire serait pure démagogie. Il insiste sur le nécessaire travail de concertation entre tous les acteurs.

– Le revenu dépend des dépenses, mais aussi du prix de vente, qui est de moins en moins contrôlé par les agriculteurs. Les grandes et moyennes surfaces ont de nouveau été pointées du doigt par l’assistance.

– Les normes et délais administratifs sont des contraintes de plus en plus lourdes pour certains systèmes d’élevages.

– Les problématiques locales sont aussi très liées à la géopolitique et l’économie mondiale : normes européennes, distorsions de concurrence due en grande partie aux coûts de la main d’œuvre, importations des intrants (la Bretagne est par exemple très déficitaire en protéines, et de fait on importe beaucoup de soja), exportations (porcs, lait, volailles). Face à ces contraintes qu’on ne maitrise pas, comment peut-on s’organiser ?

– Les atouts de la Bretagne sont les compétences techniques et la motivation des agriculteurs, son climat, la qualité des sols, et une certaine image de marque. De plus, l’évolution de la démographie laisse supposer que la Bretagne restera un bassin de production, qui fournira notamment les grandes régions plus urbanisées.

Réunion publique 03 06 2013 3En conclusion à ces débats, Jean-Luc Bleunven a remercié les intervenants et l’assistance pour la qualité des interventions et réitéré son souhait qu’une réflexion collective, sur les orientations de notre agriculture, soit menée dès aujourd’hui en Bretagne par la profession. Il organisera plusieurs réunions publiques qui feront suite à celle de Saint-Renan en automne et en hiver. Ces réunions permettront de travailler à des propositions pour la loi d’avenir sur l’agriculture, qui sera débattue cette année au parlement.

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3 Responses so far.

  1. Loïc Quéméner dit :

    Une excellente initiative de notre député d’organiser ces débats publics qui donnent enfin la parole à tous afin de s’exprimer. Pour peu que l’on puisse la prendre sereinement car ce lundi soir l’ambiance était électrisée et galvanisée par un trop plein réel de désespérance de certains agriculteurs mais aussi par du parti pris politique stérile. La diversité des modèles de production présentée par les intervenants montre en tout cas leur dynamisme et est une des voies pour répondre à cette crise.
    Je souhaite intervenir ici comme consommateur des produits agricoles, produits alimentaires mais aussi produit non consommable qu’est le paysage de ce territoire où je demeure. Il me semble que la ligne de démarcation entre producteurs et consommateurs se creusent de plus en plus. Le niveau de performance de la production agricole nous permet aujourd’hui de nous approvisionner tant en variété qu’en quantité à des prix acceptables. Mais le coût global à payer en devient déraisonnable car le consommateur est aujourd’hui menacé dans sa santé, notre plaisir est dégradé par les attaques environnementales (paysages, qualité d’eau, biodiversité) et par les pénuries de ressources naturelles qu’engendre les modes de productions intensifs. Si cela peut paraitre ennuyeux pour les agriculteurs de voir s’immiscer des tiers dans leurs affaires j’y vois moi une chance car plutôt que de produire des biens dont personne ne veut il vaut mieux me semble-t-il s’occuper de ce qui intéresse les gens. Nos hommes et femmes politiques ont un devoir de maintien de la cohésion sociale. Il n’y a pas deux mondes, les producteurs et les consommateurs, les ruraux et les urbains. Tout est lié, le monde rural devient une zone de production de biens de consommation, de biens culturels et de relations sociales. Il a acquis une notion de bien public et il me semble devoir être traité comme un patrimoine. Un patrimoine inclus bien évidemment une valeur économique, il implique une transmission du bien (en quantité et en qualité), une organisation intégrant le monde privé et public. Les aides publiques au soutien à l’agriculture incitent à la croissance foncière. Ainsi par l’augmentation du volume produit ont compense la baisse des prix de ventes mais cette augmentation de la production se traduit à nouveau par une baisse du prix d’achat, c’est un cercle dont on conçoit facilement qu’il est devenu vicieux. Et ne parlons pas du modèle Allemand qui emploie 1,4 millions de salariés à 5€/h, ni de la méthanisation qui nécessite l’adjonction de maïs pour en augmenter le rendement créant ainsi de la concurrence entre la production d’aliment et d’énergie et entraîne une augmentation du prix du foncier. Ces aides ne devraient-elles pas être conditionnées par le maintien d’une agriculture dont l’organisation négociée tiendrait compte de cette gestion sous forme patrimoniale ? Et enfin, l’agriculture ce n’est pas qu’un marché, les consommateurs(les agriculteurs le sont aussi !) vont-ils laisser le marché dicter ce que nous consommerons, et demain ce marché va-t-il aussi dicter l’éducation de nos enfants, la manière de nous soigner,… Il ne peut plus être question de marché sans tenir compte du territoire et de ces hommes et ces femmes qui le peuplent.

  2. à quand les drive (s)directement en usines agro-alimentaires où l’on trouverait un assortiment de produits laitiers, carnés, etc ?, c’est dans l’ère du temps , c’est moderne, c’est tracé, c’est directement profitable localement, c’est une nouvelle façon d’aborder la restitution de la valeur ajoutée. De plus on peut être sùr de la transparence sur la qualité, c’est peut gourmant en matère de taxe carbone(moins de transport) , bref c’est local donc bon en matière de gestion de territoire, cela n’empèche aucunement les autres circuits de distribution, au contraire c’a les stimulent vertueusement…. notamment en matière d’ethique et du maintien d’emplois

  3. Roudaut Maurice dit :

    Grand moment de démocratie sur nos terres agricoles léonarde. Mais elle était où la presse ! Quand les paysans cassent ça se bouscule, quand ils débattent démocratiquement de leur avenir il n’y a plus personne… inquiétant!!

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