Jean-Luc BLEUNVEN

Député divers gauche de la 3e circonscription du Finistère / Kannad Goueled Leon

C’est dans un climat serein et apaisé, que s’est déroulée cette rentrée scolaire 2013/2014, pour les plus de 12 millions d’élèves français, de la petite section de maternelle à la terminale. Cette période de l’année est toujours un moment privilégié pour présenter et commenter des séries de chiffres qui déclinent les effectifs, les statistiques, les taux d’encadrement… Les lectures divergent, selon que l’on soit enseignant, représentant de parents d’élèves, maire, ou encore ministre de l’éducation nationale.

Cette rentrée est évidemment marquée par la traduction, sur le terrain, des dispositions que nous avons adoptées à l’Assemblée nationale, dans le cadre de la Loi portant refondation de l’école (voir mon précédent article sur le sujet ). En prêtant une attention particulière aux premiers apprentissages, la loi faisait du primaire la véritable priorité de notre système scolaire.

Les chiffres en Bretagne

Chiffres-cles-2012_6Avec un peu plus de 28 000 bacheliers bretons en juin dernier, pour un taux de réussite de 91.20 %, contre 87.00 % au niveau national, nos établissements démontrent de nouveau leurs grandes qualités d’enseignement. En outre, les écarts de taux de réussite en fonction des catégories socio professionnelles se réduisent notablement ces trois dernières années, ce qui signifie que l’école de la république remplie son rôle en la matière. Cependant, un élément est de nature à relativiser ce « bon » indicateur ; le taux de passage entre la 1ère et la 2ème année en enseignement supérieur est de seulement de 60 %, et les écarts entre les catégories socio professionnelles restent importants ; les inégalités sociales subsistent donc toujours en formation« post bac »…

Le premier et le second degré d’enseignement en Bretagne totalisent plus de 600 000 élèves en 2013, pour un budget total de 2.6 milliards d’Euros. La pression démographique importante qu’a connue le  1er degré ces dernières années est désormais reportée sur le collège par un effet de « glissement » démographique. Ce sont donc les collèges, gérés par les conseils généraux, qui font face à un accroissement important et conjoncturel des effectifs.

Voir les chiffres du rectorat de Rennes ici

La traduction des engagements politiques sur le terrain est effective

 avsAugmentation de 74 emplois dans le 1er degré, et de 175 postes dans le 2nd degré ; création de 94 emplois d’avenir professeur (dont 15 pour BMO) ; création  de 58 auxiliaires de vie scolaires (AVS) et de 1 000 contrats aidés supplémentaires (dont 119 pour le Finistère pour de l’appui administratif).

A ces dispositions quantitatives, viennent se greffer des mesures qualitatives ; pour la première fois un vrai budget de formation est dédié aux AVS et aux contrats aidés. Par ailleurs, en ouvrant la porte à une « CDisation »* des AVS, notre premier ministre accorde (enfin !) la reconnaissance que méritent ces agents, qui cumulaient années après années des contrats précaires, tout en exerçant leurs missions de façon admirable auprès des enfants porteurs de handicap.

 *CDisation : transformation d’un contrat à durée déterminée (CDD) en un contrat à durée indéterminée (CDI)

  Les langues régionales

Langues régionales Skol diwanComme chaque année, de nombreuses possibilités sont offertes aux familles pour l’apprentissage du breton, dans le réseau public, privé ou associatif (Diwan).

Je fais partie des défenseurs de l’apprentissage de la langue régionale dès le primaire ; outre la question de la transmission de notre patrimoine culturel, il favorise le développement de la faculté de langage de l’élève. A cet égard, je salue l’action du conseil général du Finistère envers les collectivités territoriales en leur permettant d’initier les élèves du premier degré à l’apprentissage du Breton.

Cette année encore, des postes n’ont pas trouvé preneur… Deux raisons expliquent cette situation, la première, conjoncturelle, est une question démographique ; les jeunes enseignants qui pourraient potentiellement enseigner en breton sont peu nombreux au regard des besoins d’aujourd’hui. La seconde, structurelle, est liée aux manques de moyens dont disposent les écoles Diwan et les filières bilingues ; les conditions parfois précaires d’enseignement n’encouragent pas les vocations…

Le groupe de travail sur les Langues Régionales à l’Assemblée nationale, auquel je participe, est une instance qui pourra ouvrir le débat sur cette question.

La réforme des rythmes scolaires permet de recentrer la place de l’enfant au sein de la communauté éducative

rentrée scolaires - enfantsJe me dois d’évoquer la réforme des rythmes scolaires, qui aura été le sujet polémique de cette rentrée. Chacun aura entendu les avis favorables et défavorables des uns et des autres ; il faut le reconnaître, beaucoup de collectivités ne pouvaient faire face à cette réforme dès cette rentrée. Il convient cependant de noter que la réforme a conduit l’ensemble de la communauté éducative (enseignants, collectivités territoriales, DASEN, parents d’élèves, associations…) à travailler et à réfléchir conjointement pour un projet en faveur de l’enfant. Que la réforme soit appliquée cette année ou l’année prochaine, je constate que partout dans notre circonscription, élus, parents d’élèves, associations et enseignants échangent ensemble pour favoriser l’éducation de nos enfants, et cela mérite d’être salué.

Categories: Français

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