Jean-Luc BLEUNVEN

Député divers gauche de la 3e circonscription du Finistère / Kannad Goueled Leon

bzh5De nombreuses organisations politiques, syndicales et associatives représentant divers courants politiques et culturels ont créé début avril une plate-forme collaborative ayant pour fonction de favoriser l’émergence d’un projet politique pour la Bretagne. Comme mes collègues parlementaires, j’ai été destinataire de cette synthèse. Les travaux menés à ce jour s’articulent autour de quatre idées fortes à propos desquelles je souhaite apporter quelques commentaires, voire quelques nuances :

Donner à la Bretagne, dans le cadre de la future loi de décentralisation, un statut particulier dotant l’institution bretonne d’une assemblée disposant de nouvelles compétences, d’un pouvoir législatif et réglementaire ainsi qu’un droit à l’expérimentation dans différents domaines tels que la gestion de l’eau, la culture ou encore la politique linguistique. C’est la seule façon, pour nous, bretons, d’exister et de peser culturellement et économiquement dans un environnement européanisé et mondialisé. Bien sûr, la Bretagne occidentale, incarnée par Brest et Quimper ne doit pas être occultée, car elle représente le pôle d’équilibre indispensable à Rennes et Nantes, pour garantir un aménagement du territoire harmonieux de la Bretagne.

La ratification de la Charte européenne des langues minoritaires. Ce projet est particulièrement soutenu, aujourd’hui, par les parlementaires bretons. J’ai pu, au travers mon blog, m’exprimer sur cette question en breton, et en français. Le 19 mars dernier j’interrogeais par ailleurs la commissaire européenne en charge de la culture, madame Androulla Vassiliou sur cette question (vidéo). Cette ratification s’inscrit dans le cadre des engagements de campagne de François Hollande. A ce titre, le travail constitutionnel que mène actuellement Jean-Jacques Urvoas est particulièrement encourageant.

Soutenir la création d’une télévision publique bilingue de plein exercice en Bretagne. Obtenir des chaînes publiques régionales permettrait aux régions françaises de disposer d’une offre audiovisuelle comparable à celle des autres régions européennes. Un pilotage régional garantirait également une meilleure efficacité du service audiovisuel, et permettrait de développer la création et la diffusion des émissions en langues régionales. Ce modèle de chaîne publique régionale existe déjà en Corse (chaîne « Via Stella »), et montre des signes encourageants pour une extension aux autres régions. Le renforcement des programmes en régions serait d’autant plus facilité que les moyens techniques et humains existants sont sous-utilisés dans bon nombres d’entre elles. De nombreux parlementaires bretons soutiennent cette demande. Sous l’initiative de mon collègue Paul Molac, député du Morbihan, nous sommes 27 parlementaires bretons à avoir signé fin janvier 2013 une lettre commune à Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, pour réclamer le développement de chaînes publiques régionales. Vous trouverez la lettre ainsi que la liste des signataires ici.

Permettre la réunification de la Bretagne. Le projet de loi portant modernisation de la décentralisation, porté par Marylise Lebranchu, doit offrir au peuple breton la possibilité de se déterminer sur cette question. L’article L 4124-1 du code général des collectivités territoriales offre déjà la possibilité à une région et ses départements de fusionner. J’appelle de mes vœux que les modalités d’organisation par voie référendaire permettant aux bretons de se déterminer sur cette question soient prévues dans les futurs textes. En qualité de parlementaire, je m’engage à y contribuer.

A la lecture de ce projet, je m’aperçois qu’il existe une véritable convergence de la part des élus bretons. Doter la Bretagne d’un statut particulier lui offrant la possibilité s’organiser autour de pouvoirs élargis ; n’est-ce pas ce que demande Pierrick Massiot, lorsqu’il prône en faveur d’une véritable régionalisation de notre pays ? La ratification des langues régionales recueille la quasi-unanimité des députés bretons, et l’idée d’une télévision publique bilingue est soutenue par 27 de nos parlementaires. Quant à la question de la réunification de la Bretagne, offrons enfin aux bretons la liberté de se déterminer !

Je me suis déjà exprimé ces derniers mois sur chacun de ces points, tout comme mes collègues. La question bretonne est un sujet qui doit être considéré comme un véritable message positif pour tous les bretons, et tous ceux pour qui la décentralisation est une conviction ; il n’est désormais plus un sujet de contestation. En tant que parlementaire, je m’engage à poursuivre ces actions.

Categories: Français

One Response so far.

  1. Gourmelen Herri dit :

    Pell ‘zo ne z eus ket bet seurt emglev etre kannaded Breizh. N’ eo ket echu ar stourm, hen gouzout a reomp re vat, met war an tu mat ez a.

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